Point Hebdo : La zone euro encore meilleure élève

Une nouvelle semaine rythmée par les indicateurs économiques aux États-Unis et en Asie qui ne rassure pas les investisseurs. Entre chiffres de l’emploi décevant, dégradation de la balance commerciale et incapacité à initier des réformes d’envergure, les États-Unis inquiètent. En Chine, l’emballement du crédit domestique suscite toujours de vives interrogations et au Japon, l’absence persistante de dynamique sur l’inflation n’appelle pas à l’optimisme. Une situation générale qui contraste avec celle de la zone Euro dont les indicateurs économiques restent bien orientés. En Zone euro toujours, c’est le calendrier politique qui fait l’actualité avec la réforme de la loi électorale en Italie et les élections législatives de cette semaine en France et au Royaume-Uni.

Les chiffres de l’emploi publiés cette semaine aux États-Unis n’ont pas réussi à rassurer. Le nombre de postes créés sur les trois derniers mois s’élève à +121 K par mois en moyenne contre + 181 K sur un an et l’évolution des salaires affiche un léger ralentissement. Malgré tout, le taux de chômage continue de baisser à 4,3% en mai et la FED a estimé que seules 75 à 100 K créations de postes par mois suffisaient à absorber l’accroissement naturel de la population active. Toutefois, ces indicateurs en demi-teinte mettent la FED dans une position complexe. L’institution doit en effet s’exprimer le 14 juin prochain sur la poursuite de son resserrement monétaire. Compte tenu de la tendance actuelle, elle pourrait annoncer une hausse de ses taux directeurs dès le mois de juin et repousser la suivante à la fin 2017. En Chine, les indices d’activité PMI Caixin ont révélé un changement de l’orientation économique avec un ralentissement du secteur manufacturier (49.6 contre 50.3 en avril) et l’accélération du secteur des services (52.8 contre 51.5 en avril). Le niveau de production du secteur manufacturier affiche son plus bas niveau depuis juin 2016 mais la Chine tente de trouver de nouveaux vecteurs de croissance par les services et la consommation. Par ailleurs, les autorités chinoises doivent faire face à l’emballement du crédit domestique et prendront des mesures restrictives qui devraient peser sur la croissance. Au Japon, les derniers chiffres de l’emploi ont révélé une stabilisation des salaires réels en avril, une situation qui ne devrait pas permettre une accélération de la consommation et donc de l’inflation. La Bank of Japan sera donc contrainte de poursuivre sa politique accommodante dans les mois à venir. A l’inverse, en Europe la situation est plus encourageante avec une hausse du PIB de 1.7% en glissement annuel au T1-2017 et un taux de chômage à 9.3% en avril (soit un plus bas depuis 2009). Une bonne situation économique qu’il convient de nuancer tant l’inflation manque de réelle dynamique. Malgré la baisse du taux de chômage, nous n’assistons pas à de réelles tensions sur le marché de l’emploi qui pourraient permettre de relancer l’inflation. Ceci contraindra la BCE à la patience lors de sa réunion du 8 juin prochain puisque la reprise économique en zone euro reste soutenue par la politique de l’institution. Un resserrement trop rapide de sa politique monétaire pourrait « tuer dans l’œuf » l’amélioration économique donc bénéficie la zone euro. Par ailleurs, cette semaine sera importante d’un point de vue politique en Europe puisque les élections législatives se tiennent jeudi en Grande-Bretagne et ce week-end en France pour le premier tour. Il semble que Theresa May pourrait perdre la majorité au parlement selon les derniers sondages. Si tel était le cas, sa relation avec l’Union Européenne n’en serait que fragilisée et les négociations sur le Brexit, complexifiées. En France, les dernières estimations donnent le parti « La République En Marche » en tête au premier tour des élections législatives, un résultat qui permettrait au Président fraîchement élu d’initier sa réforme du marché de l’emploi dès cet été.
Nous maintenons donc une stratégie prudente d’autant que nous voyons apparaitre de nouvelles tensions au Moyen-Orient, la majorité des pays du Golfe ayant annoncé la rupture des relations avec le Qatar, accusé de financer le terrorisme. De nouvelles tensions dans cette région devraient soutenir le prix du pétrole. Par ailleurs, les tristes évènements de Londres survenus samedi soir sont une nouvelle fois venus rappeler la menace qui pèse sur les pays engagés dans la lutte contre le terrorisme.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au jeudi 1er juin en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en hausse de 0.31%. Cette semaine, la stratégie d’Alpha Portable contribue positivement à la performance, une nouvelle fois grâce à la surperformance des fonds investis en actions de la zone euro à l’image du FCP Evolution Europe d’Auris Gestion (+0.99% sur la période). La stratégie de portage obligataire est également bénéficiaire, on notera la bonne performance des financières à l’image des titres Crédit Agricole SA 7.875% 2049 (+0.64%) et La mondiale 5.05% 2049 (+0.97%). Nos couvertures sur les taux français nous coutent quelques points de performance. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de +2.94% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est stable à +0.31% sur la même période. Les encours sont de 13.4 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance du FCP Taux Réels Européens est de +0.01%.Alors que la croissance atteint son potentiel dans tous les grands pays et que le chômage poursuit sa baisse au niveau mondial, des doutes reviennent concernant les deux grands leaders, les États-Unis et la Chine. En effet, l’accélération de la croissance s’est largement faite à crédit. En découlent des stocks de dette mondiaux qui reviennent sur les plus hauts niveaux atteints en 2008 pour approcher 300% du PIB. Aux États-Unis, les crédits automobiles et étudiants paraissent avoir atteint des niveaux insoutenables, à un trillion de dollars chacun. En Chine, ce sont les produits d’épargnes gérés par le « shadow banking » qui ont triplé en 5 ans pour atteindre 87% du PIB. Enfin, les encours sur produits dérivés des banques atteignent 500 trillions de dollars, soit 700% du PIB Global.
Par comparaison, les montants détenus par les grandes banques centrales atteignent 40% du PIB mondial. Paradoxalement, alors que les observateurs s’inquiètent de la taille de leurs bilans, les montants détenus sont finalement modestes par rapport aux encours totaux. Dans un système toujours fragile, tout choc un peu brutal pourrait prendre un côté systémique. C’est la raison pour laquelle les « grands argentiers » gardent un discours résolument accommodant.
Dans ce contexte, c’est du côté des devises que la pression se dirige. Le dollar baisse, handicapé fondamentalement par un taux d’épargne trop faible et par une banque centrale toujours (très) accommodante. Notre intuition est que c’est là une bonne nouvelle pour l’administration républicaine, qui ne fera rien pour le faire remonter.
En synthèse, la baisse du dollar pourrait amener la Fed à surprendre les investisseurs par un discours moins accommodant que ce qu’ils anticipent. Une pentification de la courbe américaine pourrait en découler, mettant ainsi la pression sur les marchés de taux mondiaux.
Le positionnement de Taux Réels Européens reste toujours défensif… La sensibilité globale du FCP s’inscrit à -1.85. La partie du fonds investie en monétaire (4.4%) / taux flottants (16.7%) / indexées inflation allemandes (15.3%) s’inscrit à 36.5% de l’actif net.
La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de -0.08% contre +1.05% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 39.2 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 progresse de 0.18% alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) gagnent 0.44% et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) progresse de 0.58%. Les fonds actions contribuent positivement à la performance à l’image des FCP Schroder International Euro Equity (+1.54% sur la période) et Morant Wright Sakura (+3.10% sur la période). La contribution de la partie obligataire du portefeuille est également positive. Notre exposition aux actions américaines via des contrats futures sur le S&P500 nous rapporte quelques points de performance. Au cours de la semaine, nous avons réalisé un arbitrage en remplaçant le FCP Axiom Capital Contingent par le FCP Axiom Obligataire. L’exposition aux marchés reste stable à 53%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de +4.28%. Les encours sont de 34.4 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au jeudi 1er juin. Sur la semaine, la performance est de +0.35% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis recule de 0.33% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) progressent de 0.49%. Nos positions sur les fonds Kirao Small Caps, Stock Picking France et Varenne Selection sont les principales contributions positives à la valeur liquidative. Nos positions sur les fonds Exane Overdrive et Marshall Wace Liquid Alpha sont les principales contributions négatives à la valeur liquidative. L’exposition aux marchés d’actions s’inscrit à 62.6%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de +4.53%. Les encours sont de 17.1 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex est en hausse de 0.53% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros progresse de 0.44%. Encore une semaine très favorable aux valeurs de croissance, notamment des secteurs défensifs dans le sillage de la baisse des rendements obligataires. Si le contexte international a été marqué par le retrait américain des accords de Paris, celui-ci n’a eu que peu d’impact sur les marchés financiers. C’est donc une nouvelle séance de hausse pour la plupart des bourses internationales avec un dollar toujours orienté à la baisse.
Altiflex doit sa progression aux titres présents en portefeuille qui en moyenne, affichent une performance double de celle du marché global. Ainsi, malgré un résultat plus mitigé sur les fonds, en raison notamment de la faiblesse des marchés émergents cette semaine, Altiflex bénéficie d’une dynamique de marché plus rationnelle qu’au cours des mois précédents.
Nous n’avons pas réalisé d’opération significative en portefeuille cette semaine, et par conséquent, notre politique d’investissement marque toujours une certaine prudence avec un niveau d’exposition autour de 70%. Nous continuons à penser que les investisseurs font preuve d’une trop grande complaisance et nous conservons cette prudence pour se prémunir d’un mouvement de prises de bénéfices.
La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à +4.30% contre +2.15% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.8 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima est en hausse de 0.79% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis gagne 0.58%. Une semaine très politique en Europe mais sans grande conséquence sur les marchés actions. Notons que Mario Draghi a indiqué que la situation économique de la Zone Euro s’améliorait et que la BCE serait en mesure de réexaminer ses prévisions lors de sa prochaine réunion du 8 juin prochain. Le marché européen aura été très favorable aux valeurs de croissance défensives cette semaine. Malgré cela et malgré sa sous exposition, Maxima parvient à  devancer la progression du marché cette semaine grâce à un choix de valeurs plutôt efficace. UCB s’est bien reprise après la chute de la semaine passée, Atos poursuit sur sa lancée et les deux entrants de la semaine dernières, Lanxess et SR Téléperformance font partie des meilleures contributions. Du coté des fonds, le résultat est plus mitigé, notamment du côté de Mandarine Valeurs dont le profil n’est clairement as validé par le marché en ce moment.
Nous n’avons pas réalisé d’opération significative en portefeuille cette semaine, et par conséquent, notre politique d’investissement marque toujours une certaine prudence avec un niveau d’exposition autour de 72%. Nous continuons à penser que les investisseurs font preuve d’une trop grande complaisance et nous conservons cette prudence pour se prémunir d’un mouvement de prises de bénéfices. La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit à +6.74% contre +11.22% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 10.5 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.