Point Hebdo : la BCE et le FED patientent

La BCE et la FED attendent cette semaine les chiffres de l’inflation mais pas pour les mêmes raisons. Côté américain, il s’agira de savoir si l’institution sera en mesure de poursuivre son resserrement monétaire et de confirmer que le récent ralentissement des indicateurs économiques n’est que passager. A l’inverse, côté européen, la banque centrale se montre toujours très prudente malgré les nombreux signaux positifs de l’économie, il s’agira donc plus de conforter l’institution dans la normalisation de sa politique monétaire. Du côté des matières premières, la réunion jeudi dernier des signataires de l’accord de Doha aura permis une reconduction de l’accord pour 9 mois supplémentaires. Une nouvelle qui n’a que très peu d’effet sur les cours qui l’avaient déjà intégrée depuis quelques jours. Dans ce contexte, l’EuroStoxx50 recule de 0.12% sur la semaine tandis que le S&P500 s’adjuge 1.46% sur la même période. Le Dollar progresse de 0.20% face à l’euro sur la semaine et le baril de WTI se stabilise un peu en dessous des 50$.

En Europe, de nombreux indicateurs continuent de rassurer : croissance allemande au premier trimestre à +1.7%, indices d’activité PMI du mois de mai à 56.8 (plus haut niveau depuis 6 ans), indicateurs avancés en France et en Allemagne. Pourtant, la BCE n’abandonne pas sa prudence. Le taux d’inflation sous-jacente restant en dessous des attentes, l’institution continue de rappeler l’absence de pressions inflationnistes et prend son temps. Son Président, M. Draghi et son chef économiste, P. Praet ont tenu à rappeler qu’il n’y avait aucune urgence ni à réduire les achats d’actifs de la BCE, ni à remonter ses taux directeurs. L’institution craint, par ailleurs, une trop forte appréciation de l’euro qui pèserait sur la reprise économique tant celle-ci est tirée par les exportations. De l’autre côté de l’atlantique, les nouvelles sont moins rassurantes, la croissance inquiète et le taux d’inflation cœur semble incapable de maintenir une tendance haussière. L’institution envisage pourtant toujours de relever ses taux directeurs dès le mois de juin, comme le révèlent les dernières minutes de la FED publiées le 24 mai. L’inflation sous-jacente était ressortie en mars à +1.6% contre +1.8% en février et l’inflation PCE avait affiché une baisse du rythme de progression des prix à +1.8% contre +2.1% le mois précédent. Pour autant, la dynamique sur le marché de l’emploi reste positive et devrait permettre, à terme, d’augmenter les pressions inflationnistes et donc à la FED de poursuivre la normalisation de sa politique monétaire. Les chiffres de l’inflation du mois d’avril seront publiés demain. Sur le front des matières premières, la prolongation pour 9 mois de l’accord de Doha décidée jeudi dernier par les pays signataires, n’intègre pas de coupes supplémentaires dans la production. C’est notamment ce qui limite la progression du cours de l’or noir, certains investisseurs étant d’avis que cela ne permettra pas de rétablir l’équilibre entre l’offre et la demande. L’organisation a quant à elle estimé que ces mesures étaient suffisantes et permettraient de rétablir l’équilibre en six mois mais que 3 mois supplémentaires permettraient d’éviter la remontée brutale des stocks en début d’année 2018, à une période où la demande est plus faible. La remontée des cours du pétrole devrait permettre d’accroître les pressions inflationnistes et devrait donc faciliter la tâche des banques centrales.

Dans ce contexte, nous maintenons une stratégie prudente. Les discussions en marge du G7 ce weekend ont rappelé les divergences croissantes entre les États européens et Donald Trump. Celui-ci a une nouvelle fois tiré à boulets rouges sur l’Allemagne et son excédent commercial. Il pourrait par ailleurs annoncer dans la semaine le retrait des États-Unis de l’accord de Paris sur le climat. Des tensions qui pousseront les États membres de l’Union Européenne à se rassembler autour d’un nouvel axe Franco-Allemand plus fort.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au mercredi 24 mai en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en hausse de 0.43% Cette semaine, la stratégie d’Alpha Portable contribue positivement à la performance grâce notamment à la surperformance des fonds investis en actions de la zone euro à l’image du FCP Schroder International Euro Equity (+2.45% sur la période). Côté portage obligataire, on notera la bonne performance des financières à l’image des titres Crédit Agricole SA 7.875% 2049 (+1.22%) et La mondiale 5.05% 2049 (+1.13%). Nos couvertures sur les taux français nous rapportent quelques points de performance. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de +2.62% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est stable à +0.29% sur la même période. Les encours sont de 13.3 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance du FCP Taux Réels Européens est de -0.14%. La semaine sous revue a été caractérisée par une bonne tenue des actifs risqués dans un contexte de baisse des taux américains et allemands. Du point de vue fondamental, des doutes apparaissent sur un certain nombre de sujets.
En Chine, la grande publicité accordée à l’initiative « One Belt / One Road » de Xi JinPing décrit un pays moins orienté vers le rebalancement de son économie vers les services que prévu. Au contraire, alors que les Etats-Unis de Trump scandent « America First », Pékin semble tenté par une politique extérieure plus assertive, soit un retour à l’ancien modèle concentré sur la production.
Quant à l’Europe, malgré une reprise cyclique marquée, les réformes visant à développer la demande interne paraissent encore timides, et devront attendre la fin du cycle électoral européen pour prendre de l’ampleur.
Enfin, du point de vue micro-économique, plusieurs situations de stress sont venues impacter des émetteurs , notamment émergents (Agrokor, Noble, Reliance Communications…)
En Synthèse, les liquidités massives générées par les grandes banques centrales continuent d’offrir un important soutien aux marchés financiers, ce qui explique la brièveté des mouvements correctifs. De plus, les corrélations entre actifs « sans risques » et actifs « risqués » sont aujourd’hui nettement positives. La baisse des taux américains et allemands au cours de la semaine s’est ainsi propagée aux autres classes d’actifs, notamment au « high yield ».
Dans ce contexte, les anticipations de discours toujours très prudents à la Fed, à la BCE et à la BOJ vont continuer de soutenir des actifs obligataires dont les valorisations restent toujours dissuasives. A court terme, le taux 10 ans allemands pourrait rebaisser vers 0.25%, ce qui semble le bas du range pour l’été.
Le positionnement défensif de Taux Réels Européens sur les actifs risqués est maintenu. En fin de semaine, nous avons remis en place les couvertures sur les taux allemands. La sensibilité globale du FCP est ramenée vers sa frontière basse. La partie du fonds investie en monétaire (4.4%) / taux flottants (16.8%) / indexées inflation allemandes (15.4%) s’inscrit à 36.5% de l’actif net.
La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de -0.10% contre +0.87% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 39.2 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 progresse de 0.49% alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) gagnent 1.06% et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) cède 0.12%. Les fonds actions contribuent positivement à la performance avec, cette semaine, la bonne performance de la thématique « small caps » à l’image des FCP Amilton Small Caps (+2.17% sur la période) et Pluvalca France Small Caps (+2.53% sur la période). La contribution des fonds obligataires est également positive à l’image du FCP Axiom Capital Contingent (+0.5% sur la semaine). Notre exposition aux actions américaines via des contrats futures sur le S&P500 nous rapporte quelques points de performance. Au cours de la semaine, nous n’avons pas réalisé d’opération significative. L’exposition aux marchés reste stable à 53%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de +4.10%. Les encours sont de 34.4 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au mercredi 24 mai. Sur la semaine, la performance est de +0.64% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis progresse de 0.80% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) de 0.93%. Nos positions sur les fonds Stock Picking France, Echiquier Value et Kirao Small Caps sont les principales contributions positives à la valeur liquidative. Nos positions sur les fonds Fidelity Asia Smaller Companies et Marshall Wace Liquid Alpha sont les principales contributions négatives à la valeur liquidative. L’exposition aux marchés d’actions s’inscrit à 52.5%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de +4.17%. Les encours sont de 17.1 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex est en hausse de 0.77% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros progresse de 1.06%. Les bourses ont été tirées par la robustesse du marché américain qui, après l’excellente saison de publication de résultats et l’espoir que la FED ne resserrera pas trop sa politique monétaire, est venu battre un nouveau record historique sur la semaine. L’optimisme règne donc chez les investisseurs qui n’ont pas non plus l’air d’être inquiétés par l’abaissement du rating de la dette chinoise par l’agence Moody’s.
Toujours prudent dans son allocation d’actif, Altiflex est pénalisé cette semaine par son faible niveau d’exposition. Le choix de valeurs a quant à lui été impacté par le recul marqué du laboratoire belge UCB et du secteur de la santé en général ainsi que par les performances décevantes des valeurs liées aux matières premières. Les fonds se sont bien comportés cette semaine avec notamment la stratégie sur les marchés émergents de GemWay qui bénéficie de la bonne tenue des marchés sous-jacents et notamment du Brésil qui rebondit significativement après le plongeon de la semaine passée.
Nous continuons à penser que les investisseurs font preuve d’une trop grande complaisance actuellement et nous conservons donc un niveau d’exposition autour de 70% pour se prémunir d’un mouvement de prises de bénéfices.
La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à +3.75% contre +1.93% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.7 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima est en recul de 0.38% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis baisse de 0.12%. Encore une semaine de consolidation en Europe ce qui, au regard des chiffres publiés, tant au niveau macroéconomique qu’au niveau des sociétés, montre bien que les indices intègrent déjà une bonne dose d’optimisme. La performance hebdomadaire de Maxima a été fortement impactée par le recul du laboratoire Belge UCB dont un médicament destiné à traiter l’ostéoporose, pourrait ne pas obtenir le feu vert américain avant la fin de l’année, une étude faisant état de risques cardio-vasculaires. Le titre perd plus de 20% sur la semaine après que des brokers ont abaissé leur recommandation. En dehors de cet accident, le choix de valeurs avait plutôt bien fonctionné avec notamment Ryannair qui progresse de plus de 6% sur de très bons résultats. Les fonds également ont plutôt bien tenu sur la semaine avec une performance moyenne proche de 2%.
Quelques arbitrages cette semaine avec dans les assurances la sortie d’Axa pour l’entrée du néerlandais Aegon et puis avec les ventes de Eiffage et CRH pour des achats de Relx, Teleperformance et des chimiques Lanxess et Covestro Allemagne. Nous conserverons la prudence actuelle en portefeuille avec un niveau d’exposition autour de 72%.
La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit +5.91% contre +10.59% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 10.4 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.