Point Hebdo : Entre deux tours…

En début de semaine, le résultat du premier tour des élections présidentielles françaises a fortement réduit le risque de la victoire d’un parti europhobe, permettant une forte baisse de l’aversion au risque en zone euro. Du côté des fondamentaux, si les indicateurs économiques confirment que la croissance économique de la zone est bien orientée, celle-ci semble moins robuste aux États-Unis en ce début d’année. Ce point complique la tâche de la BCE qui doit toujours convaincre qu’elle n’a pas l’intention de modifier sa politique monétaire avant de très nombreux mois, afin de maintenir l’euro et les taux aussi bas que possible. Sur la semaine, l’euro s’apprécie tout de même de 1.55% par rapport au dollar et les actions européennes rattrapent une partie de leur retard avec une hausse de 3.65% sur la semaine. Parallèlement, les actions américaines gagnent 1.5% et les actions japonaises s’octroient 2.90%.

Le risque politique en France est désormais perçu comme mieux maîtrisé et les marchés financiers devraient graduellement se focaliser sur les élections législatives. La question de la capacité à trouver une majorité au parlement pour soutenir la politique économique que souhaitera mettre en œuvre la nouvelle équipe (quelle qu’elle soit) reste entière. Par ailleurs, la question de la situation de la gouvernabilité en Italie n’a pas évolué. La scission au sein du parti au premier trimestre, qui a retiré 4% d’intention de vote au PD depuis début mars, a placé le parti populiste Cinq Étoiles (M5S) largement en tête dans les sondages.

Aux États-Unis, la question des réformes susceptibles de maintenir la croissance sur un rythme élevé importe d’autant plus que les dernières données économiques sont mal orientées. Notons que le rythme de la croissance du premier trimestre ralentit (+0.7% en rythme annualisé) et que l’indice ISM manufacturier d’avril est en baisse à 54.8 contre 57.2 en mars. Les revenus et dépenses des ménages ainsi que l’indice d’inflation PCE pour le mois de mars sont également plus faibles qu’attendu. Dans ce contexte, le compromis budgétaire trouvé entre les élus Républicains et Démocrates ce week-end n’est pas suffisant. Pour ne pas s’enliser, le nouveau président doit réussir à convaincre largement afin de réformer rapidement. Dans le cas contraire, son programme pourrait perdre rapidement les faveurs des marchés financiers.

Côté chinois, les indicateurs d’activité PMI pour le mois d’avril ont eux-aussi montré des signes de faiblesse. Les données officielles sont ressorties à respectivement 51.2 pour la composante manufacturière (contre 51.8 en mars) et 54 pour la composante « services » (contre 55.1 précédemment). Ces signes de ralentissement correspondent logiquement, avec un temps de retard, à la volonté du gouvernement chinois de contenir le crédit. Les autorités devraient continuer à arbitrer entre croissance et endettement, réduisant le potentiel d’accélération du pays ces prochains mois.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

 

Optimum

Les performances sont arrêtées au jeudi 27 avril en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en hausse de +0.66%. Cette semaine, les deux moteurs de performance contribuent positivement à la progression des portefeuilles. La stratégie d’Alpha Portable profite de la surperformance des fonds investis en actions de la zone euro malgré la forte hausse des marchés européens. On notera ainsi le bon comportement du BG Long Term Value (+5.3%) et du Schroder International Euro Equity (+4.0%) qui surperforment largement leur indice de référence. De l’autre côté, la stratégie de Portage Obligataire fonctionne elle aussi très bien. On notera la forte progression des titres bancaires détenus en portefeuille comme l’obligation Crédit Agricole 7.875% Call 2024 (+3.9%) ou encore La Mondiale 5.05% Call 2025 (+2.5%). Au cours de la semaine, au sein de la stratégie d’alpha portable nous avons clôturé notre position sur le fonds T. Rowe Price European Equity, dont le comportement est décevant par rapport à son indice de référence. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de +2.14% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est en légère hausse à +0.23% sur la même période. Les encours sont de 13.3 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance du FCP Taux Réels Européens est de +0.22%. Au cours de la semaine écoulée, la baisse des craintes (géo)politiques en Europe et aux États-Unis a favorisé les marchés d’actions au détriment des marchés obligataires. De bons résultats de sociétés et des indices de prix en hausse ont soutenu cette tendance. Sur un an glissant, la croissance américaine s’inscrit à 1.9% avec une inflation comprise entre 2% et 2.5% selon les mesures. Cette croissance nominale robuste ( supérieure à 4%) n’est pas vue comme telle par les investisseurs. En effet, les marchés continue d’anticiper que l’inflation et la croissance vont bientôt rebaisser, notamment à cause de la hausse des taux d’intérêts à venir de la Fed. Par exemple, les points morts d’inflation américains restent inférieurs à 2% sur toutes les maturités. Notre analyse de cette situation est que les liquidités excédentaires générées par les banques centrales continuent de creuser un déséquilibre entre valorisation des marchés et fondamentaux. Il y a quelques semaines, une analyse monétaire de la situation américaine démontrait à quel point le surinvestissement s’était fait sur les marchés d’actions locaux, dont la capitalisation s’est envolée de 45% à 135% du PIB entre 2009 et 2017.
Qu’en est-il en Europe ? On observe aussi une accélération importante de M3, qui passe de 3.5 à 4.5 fois le PIB de la  zone euro entre 2008 et 2017. Où cette liquidité est-elle allée se placer ? Pas sur les marchés actions, dont la valeur par rapport au PIB a plutôt baissé en dix ans pour s’inscrire à 65% du PIB. En Europe, la déformation des prix s’est faite principalement sur les taux réels et l’immobilier. Côté taux, par exemple,  les taux réels ont baissé de +1% à -2.5% sur le 5 ans allemand depuis 2008 !
C’est donc à un investissement obligataire massif que se sont livrés les européens depuis dix ans, la culture de la rente est plus que jamais présente. !
Attention toutefois, car les rémunérations nominales et réelles négatives commencent à apparaître dans les performances 2017. Le segment « High Yield » reste positif (+2%), mais la performance du secteur de notation « investissement » est nulle et les emprunts d’Etats sont maintenant en performance négative (-1%).
Au vu des éléments précités, nous conservons une stratégie très  défensive, car la rémunération réelle et nominale de l’investisseur obligataire semble insuffisante.  La partie du fonds investie en monétaire (5.5%) / taux flottants (15.2%) / indexées inflation allemandes (16%) s’inscrit à 37% de l’actif net. La sensibilité au risque de taux reste faible (-1.85).
La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de -0.16% contre +0.70% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 38 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 est en hausse de 1% alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) gagnent 0.13% et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) progresse de 3.65%. Au cours d’une semaine de forte surperformance des actions de la zone euro, les fonds actions qui contribuent le plus à la performance sont les FCP Schroder International Euro Equity (+3.2%), Amilton Small Cap (+4.5%) et Axiom Equity (+7.6%). Notons tout de même la bonne performance du FCP Equi Actions Suisse qui progresse de 2.3% sur la période. Les contributions de la partie obligataire du portefeuille sont positives principalement grâce au FCP Axiom Capital Contingent (+1.8%), investi dans les obligations du secteur bancaire. Du côté des fonds de performance absolue, les FCP Karakoram Momentum (+3.2%) et H2O Allegro (+4%) profitent bien de cette vague d’appétit pour les actifs risqués. Grâce à nos expositions aux actions de la zone euro par des options pendant les élections, la forte hausse du marché a rehaussé l’exposition aux marchés actions du portefeuille à 52%. Nous avons depuis clôturé cette position optionnelle tout en conservant la même exposition au marché. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de +3.02%. Les encours sont de 34 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au jeudi 27 avril. Sur la semaine, la performance est de 1.23% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis progresse de 3.73% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) de 0.98%. Nos positions sur les fonds Echiquier Value, Stock Picking France et sur l’indice CAC40 par les marchés à terme sont les principales contributions positives à la valeur liquidative. Notre position sur le fonds Amundi First Eagle est la principale contribution négative à la valeur liquidative. L’exposition aux marchés d’actions s’inscrit à 63%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de 2.84%. Les encours sont de 15.3 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex est en hausse de 0.19% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros progresse de 0.13%. La hausse de l’Euro consécutive aux résultats du premier tour de l’élection française est venue minorée l’impact de nos investissement en dehors de l’Europe. Ainsi, malgré des performances très correctes des marchés américains (+1.5%) et Japonais (+2.9%), l’indice mondial est tout juste en territoire positif sur la semaine. Dans ce contexte, Altiflex a profité de l’excellent comportement des fonds qui affichent tous une progression largement supérieure au marché. Du côté des titres, le portefeuille est lié aujourd’hui aux annonces de résultats sur le marché américain avec pour la semaine passée, un chiffre d’affaire largement supérieur aux attentes pour le propriétaire de casino MGM et de bons chiffres pour Amazon qui augurent de bonnes publications pour Priceline Group que nous détenons.
Au niveau de l’exposition du portefeuille, avec un niveau de 70% nous continuons d’observer une certaine prudence au regard de l’évolution des principales bourses internationales sur ces derniers mois.
La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à +4.01% contre +2.24% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.8 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima est en hausse de 2.21% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis grimpe de 3.65%. Les marchés européens ont été soulagés par le résultat du premier tour des élections françaises et ont salué vigoureusement une issue qui semble favorable à l’équilibre de la zone. Par ailleurs, la BCE a indiqué qu’elle pourrait infléchir son discours en juin pour tenir compte de l’amélioration des perspectives économiques européennes. Dans ce contexte, Maxima progresse sensiblement, porté par la performance du marché français fortement représenté en portefeuille. Ainsi, des titres comme SEB ou Eiffage flirtent avec les 10% de progression sur la semaine et les fonds détenus en portefeuille affichent eux aussi de très belles performances.
Mais la prudence implémentée en portefeuille en raison des fortes progressions des derniers mois, nous coutent quelques points de performance. Et la semaine passée nous conforte dans cette idée que les marchés auront besoin d’une pause, tôt ou tard avant de progresser de nouveau. Nous conserverons donc cette prudence en portefeuille avec un niveau d’exposition autour de 72%.
La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit +4.72% contre +8.91% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 10.2 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.