Point Hebdo : Les risques géopolitiques effraient les investisseurs

C’est la géopolitique qui a dominé l’actualité de la semaine dernière. Entre désaccords entre la Russie et les États-Unis au sujet de la politique à mener face au régime de Bachar Al Assad, tensions avec la Corée du Nord qui menace toujours d’un recours à l’arme nucléaire et référendum constitutionnel en Turquie qui risquait d’éloigner un peu plus la Turquie de l’Europe, il s’agissait en effet d’une semaine sous haute tension. Côté économie, la croissance chinoise au premier trimestre est ressortie en hausse à +6.9%, un niveau soutenu mais qui interroge tant il est alimenté par un endettement élevé. Dans ce contexte, on assiste à un retour vers les valeurs « refuges », les taux US à 10 ans se détendent de 4bps à +0.02%  et l’once d’or se stabilise au-dessus de 1280$. Du côté des indices, l’EuroStoxx50 perd 1.36% sur la semaine, tandis que le S&P500 et le Topix reculent de 1.11% et 1.44% respectivement.

Si les frappes américaines en Syrie suite aux soupçons d’utilisation d’armes chimiques avaient réveillé des tensions entre la Russie, soutien inconditionnel du régime de Bachar Al-Assad, et les États-Unis, celles-ci se sont rapidement apaisées à la suite de la visite de Rex Tillerson, secrétaire d’État américain, à Moscou. En effet, la conférence de presse qui a suivi semble indiquer que Rex Tillerson et son homologue russe avaient pour réelle ambition d’amorcer une désescalade des tensions. Ils ont notamment mentionné des échanges « collaboratifs », si bien que M.Tillerson a même été reçu par Vladimir Poutine en personne. A l’inverse, le problème reste entier concernant la Corée du Nord qui menace sans cesse d’avoir recours à l’arme nucléaire si les États-Unis se rapprochaient des côtes. Le vice-président américain, Mike Pence, était en visite en Corée du Sud lundi, et a notamment sommé les dirigeants nord-coréens de « ne pas tester la détermination ou la puissance des forces armées américaines dans la région ». Le Président chinois Xi Jinping a par ailleurs déclaré que la Chine était prête à travailler en collaboration avec les États-Unis, une bonne nouvelle donc, puisque le risque d’un affrontement entre les deux premières puissances mondiales se dissipe. En Turquie, le référendum visant à renforcer les pouvoirs du Président Erdogan, a été remporté de peu par ce dernier qui récolte 51.4% des suffrages. Une courte victoire qui éloigne un peu plus la Turquie de ses voisins européens pour lesquels la question turque est primordiale puisqu’ils dépendent de la Turquie pour la gestion de la crise des migrants. Ces différents risques géopolitiques ont pesé sur les taux des actifs considérés « sans risques » comme le Bund ou les Treasuries. En Chine, le pays profite de la publication de bons indicateurs, la balance commerciale a progressé en mars à +164,34 Mds de yuan (contre -60.36 Mds en février) notamment soutenue par une forte reprise des exportations. Par ailleurs, la croissance au premier trimestre est ressortie à +6.9% soutenue par les ventes au détail et l’investissement des ménages et des entreprises. Cependant, le niveau d’endettement inquiète puisque la dynamique du financement « total » est ressortie à +2100 Mds de Yuan (contre +1500 Mds attendus) et que les crédits immobiliers à destination des ménages progressent de 25% sur un an. La banque centrale devrait donc poursuivre son resserrement monétaire afin de contenir la bulle immobilière et de limiter les sorties de capitaux en suivant le mouvement de la Fed. Dans ce contexte nous maintenons toujours une stratégie prudente d’autant que cette semaine marque la dernière semaine de la campagne présidentielle en France. A ce stade, l’issue du scrutin reste plus que jamais incertaine puisque quatres candidats, JL. Mélenchon, E. Macron, F. Fillon et M. Le Pen sont au coude-à-coude dans les sondages.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

 

Optimum

Les performances sont arrêtées au mercredi 12 avril en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en hausse de 0.23%. Cette semaine, la stratégie d’Alpha Portable contribue positivement à la performance grâce notamment à la surperformance des fonds investis en actions espagnoles et en actions italiennes à l’image des FCP Mirabaud Equity Spain et Fidelity Italy Fund. De l’autre côté, la stratégie de Portage Obligataire contribue également positivement à la performance. Par ailleurs, les couvertures du risque de duration nous coutent quelques points de performance. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de +1.38% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est en légère hausse à +0.20% sur la même période. Les encours sont de 14.4 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance du FCP Taux Réels Européens est de -0.05%. A peu de jours d’une élection présidentielle française très incertaine et alors que les rapports entre les États-Unis et la Corée du Nord se dégradent, les craintes géopolitiques semblent au premier plan des préoccupations des investisseurs. En effet, au cours de la période récente, ces incertitudes ont alimenté les flux vers les titres les mieux notés, comme les «Bunds » et les « Treasuries ». En peu de semaines le taux 10 ans allemands passe ainsi de 0.5% à 0.17%, et ce mouvement est équivalent aux États-Unis.
Le paradoxe de cette situation est que cette baisse des taux a de nouveau nourri les flux vers les actifs risqués, dont les prix se forment par écart avec les taux souverains. Par exemple, la courbe des taux français n’a pas connu de déformation, alors que le risque d’un changement politique profond est réel. Cet exemple peut être décliné à d’autres segments obligataires et d’autres classes d’actifs. La présence vigilante des grandes banques centrales est un facteur explicatif important de ce paradoxe, comme, d’un point de vue fondamental, la baisse des taux d’inflation observée en mars.
Ce paradoxe implique que le bénéfice d’être aujourd’hui exposé aux actifs « risqués » ne peut-être que modeste. Par ailleurs, avec des croissances nominales actuellement bien supérieures aux niveau des taux et des taux réels négatifs généralisés, le bénéfice a détenir les obligations allemandes est lui aussi forcément modeste.
Dans ce contexte, nous maintenons une stratégie très  défensive, avec une couverture sur les pays périphériques pour couvrir un écartement des spreads de taux.  La partie du fonds investie en monétaire (7%) / taux flottants (15.2%) / indexées inflation allemandes (14.5%) s’inscrit à 37% de l’actif net. La sensibilité au risque de taux reste faible (-1.85).
La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de -0.42% contre +0.62% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 37.9 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 recule de 0.11% alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) perdent 0.72% et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) cède 1.36%. Au cours d’une semaine de repli, les fonds actions contribuent négativement à la performance à l’image du FCP Pluvalca France Small Caps (-1.61% sur la période). Notons tout de même la bonne performance du FCP Equi Actions Suisse qui progresse de 1.22% sur la semaine. La contribution de la partie obligataire du portefeuille ainsi que celle des fonds de performance absolue sont légèrement positive. Au cours de la semaine, nous avons initié des couvertures sur les actions européennes via des options sur l’EuroStoxx50. L’exposition aux marchés actions passe donc de reste stable à 46%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de +2.08%. Les encours sont de 34 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au mercredi 12 avril. Sur la semaine, la performance est de -0.23% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis baisse de 0.60% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) progressent de 0.18%. Nos positions sur les fonds Helium Sélection et Amundi International IU sont les principales contributions positives à  la valeur liquidative. Nos positions sur les fonds Kirao Small Caps et Stock Picking France sont les principales contributions négatives à la valeur liquidative. L’exposition aux marchés d’actions s’inscrit à 63%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de +2.12%. Les encours sont de 15.4 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, écourtée par le weekend Pascal, Altiflex recule de 0.63% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros baisse de 0.72%. Entre les incertitudes politiques et les tensions géopolitiques, les investisseurs ont fait preuve d’une certaine aversion au risque en privilégiant les segments les plus défensifs du marché. La hausse de l’or et le recul des taux longs sont aussi une illustration de ce phénomène. Grâce à sa politique prudente et sa faible exposition, Altiflex amortit le recul hebdomadaire. Les titres ont évolué en ligne avec les marchés alors que les fonds ont globalement bien mieux résisté, à l’instar du fonds Trusteam ROC qui affiche même une performance positive sur la semaine. Nous n’avons pas réalisé d’opération en portefeuille cette semaine, par conséquent l’exposition marque toujours, malgré le recul hebdomadaire, une certaine prudence au regard des progressions précédentes, avec un niveau très proche de 70%.
La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à +3.54% contre +2.22% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.8 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, écourtée par le weekend Pascal, la valeur liquidative du FCP Maxima est en baisse de 0.60% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis recule de 1.36%. Malgré la publication d’indicateurs généralement meilleurs qu’attendus comme la confiance des consommateurs en zone euro et sur le sentiment économique en Allemagne, les investisseurs sont restés focalisés sur les incertitudes politiques autour de l’élection française mais aussi sur les tensions géopolitique au Moyen-Orient avec la Corée du Nord. Dans ce contexte Maxima bénéficie de son exposition prudente mais aussi de la bonne résistance des fonds détenus en portefeuille. Les titres vifs résistent bien aussi dans l’ensemble, notamment les plus défensifs d’entre eux comme UCB en Belgique ou Henkel en Allemagne. A l’inverse, on notera une nouvelle sous performance des valeurs financières, pénalisées par le nouveau recul des taux d’intérêt venant à nouveau rogner leurs marges. Nous n’avons pas réalisé d’opération cette semaine et conservons donc une exposition prudente autour de 72%.
La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit à +2.66% contre +5.24% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 10.0 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.