Point Hebdo : Jusqu’où ira l’optimisme des investisseurs ?

Après un premier trimestre exceptionnel pour les marchés internationaux, la croissance et les banques centrales ne doivent pas décevoir. Pour le moment, ces dernières sont toujours très accommodantes. Si la BCE réduit son montant de rachat d’actif de 80 à 60 MM€ dès aujourd’hui, aux yeux des investisseurs celle-ci ne semble pas encore en mesure de réellement modifier sa politique monétaire tant que l’inflation sous-jacente n’aura pas une dynamique auto-entretenue. Du côté des États-Unis, la Fed ne semble pas encore avoir encore intégré un « effet Trump » dans sa stratégie et reste malgré une hausse de taux en mars, relativement accommodante. Si pour l’instant l’échec de la réforme de Donald Trump sur l’Obamacare maintient le doute quant à la capacité d’accélération de la croissance et de l’inflation américaine, les mesures fiscales et économiques à venir devraient être plus faciles à mettre en œuvre et pourraient forcer la Fed à revoir ses anticipations. Dans ce contexte, le dollar se renforce par rapport aux autres devises et les taux souverains se détendent (10 ans allemand -0.07% à 0.33%). Du côté des actions, l’Europe surperforme les actions américaines avec une progression de 1.77% de l’EuroStoxx50 contre une hausse de 0.82% du S&P500. Malgré la hausse du dollar, le pétrole poursuit son rebond avec le baril de WTI qui s’établit à 50.60$ (+5.5% sur la semaine).

Selon Peter Praet, chef économiste de la BCE, la reprise économique observée en zone euro est largement soutenue par la politique accommodante de l’institution. Un durcissement de la position de la BCE serait envisageable uniquement si une inflation soutenue et générale était observée, or le taux d’inflation sous-jacente reste inférieur à la cible de la banque centrale. Le rebond significatif de l’inflation observé en février était induit par les effets de base liés à la remontée des cours du baril de pétrole depuis ses points bas de février 2016. En mars, la dynamique perd un peu de sa vigueur, avec en Allemagne une inflation ressortie à +1.5% contre +2.2% en février et en Espagne à +2.3% contre +3% en février dernier. La révision de la politique monétaire de la BCE ne devrait donc pas intervenir avant 2018 et une hausse des taux ne sera envisageable qu’une fois le programme d’achats d’actifs terminé. De l’autre côté de l’Atlantique, suite à l’échec de la réforme du système de santé de D.Trump, le Président de la FED de New-York, W.Dudley, a tenu à rappeler que la banque centrale n’avait intégré aucun « effet Trump » dans ses prévisions et que la politique budgétaire expansionniste du nouveau président soutiendrait la croissance et l’inflation. Aux États-Unis, l’indice PCE  est ressorti en hausse de 2.1% sur un an, une bonne nouvelle d’autant que l’inflation sous-jacente atteint 1.8% soutenue par l’appréciation des prix des services. En zone euro, la situation est moins réjouissante. L’inflation sous-jacente est ressortie à 0.7%, freinée par les prix des services mettant ainsi en évidence une absence de tensions sur le marché du travail. En Asie, la situation économique de la Chine rassure, puisque les indices PMI manufacturier et non manufacturier sont ressortis en hausse au mois de mars à 51.8 et 51.7 respectivement. De bons chiffres qui permettront à la banque centrale de se concentrer sur la stabilité financière du pays, et notamment celle du secteur immobilier qui soulève quelques interrogations.

Par ailleurs, les négociations sur le Brexit ont débuté et les premières frictions apparaissent. François Hollande et Angela Merkel ont tenu à rappeler qu’un accord de libre-échange ne pourrait être trouvé qu’une fois le Brexit acté et les engagements du Royaume-Uni honorés (notamment la facture de 60Mlds €). Côté Européen on craint un dumping fiscal pour compenser la perte de l’accès au marché unique. Tous les sujets risquent d’être compliqués à traiter et les négociations s’en trouveront donc rallongées. Dans ce contexte nous maintenons une stratégie prudente, d’autant que la progression dans les sondages du candidat d’extrême gauche, J-L. Mélenchon en France, suscite la peur d’un premier tour dominé par les candidats populistes.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum
Les performances sont arrêtées au jeudi 30 mars en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est à l’équilibre. Si les stratégies d’alpha portable et de portage obligataire sont toutes deux légèrement positives sur la semaine, nos couvertures du risque de duration sur le 10 ans allemand et du risque périphérique sur le 10 ans italien coûtent quelques points de base.  La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de +1.22% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est à +0.17% sur la même période. Les encours sont de 15 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance du FCP Taux Réels Européens est de -0.14%. L’université du Michigan publie chaque mois le niveau d’inflation anticipé par les ménages américains pour les 5 / 10 ans à venir. Récemment, cet indicateur a touché son plus bas historique. Bien que le niveau atteint (2.2%) ne soit pas un signe déflationniste en soi, le fait que cet indicateur continue de baisser alors que les croissances nominales se sont nettement redressées depuis six mois au niveau mondial témoigne d’un état d’esprit général toujours déflationniste. La « machine » économique mondiale accélère, bien nourrie par les ajouts de liquidité des banques centrales et sans frottements extérieurs, donc sans inflation.
Le carburant monétaire est en effet abondant, puisqu’aux États-Unis, M2 est en croissance de 900 milliards de dollars sur un an pour atteindre 13.4 trillions de dollars, soit environ 70% du PIB, contre 50% en 2009. La création monétaire très abondante n’a pas généré de hausse des prix à la consommation pour deux raisons principales. Tout d’abord, cette liquidité était mise au service du développement d’un système économique mondialisé extrêmement efficace pour générer des baisses de prix des produits de consommation et centré autour du leader américain. Ensuite, constatant le succès de cette organisation, la liquidité excédentaire générée par les banques centrales est venue s’investir dans les entreprises au cœur de ce système. Depuis 2009, les actions américaines ont ainsi vu leur capitalisation passer de 60% à 130% du PIB. On se retrouve donc à nouveau dans un contexte de surinvestissement massif sur les marchés d’actions, notamment aux États-Unis.  Cette situation peut bien sûr durer, surtout sans frottements susceptibles de dérégler la « machine » économique mondiale. C’est bien sûr le souhait des pays plaidant pour un système économique mondial ouvert, et dont les marchés de capitaux ont été mis au service de cet objectif. Dans ce contexte, les signes récents produits par une administration Trump sous pression, incapable de réaliser ses souhaits (Travel-Ban, Obama-Care, Fiscal-Plan (?)…), sont de nature à modifier ce parfait équilibre. En mettant des barrières suffisamment élevées sur les rails du train mondial de la croissance, Donald Trump serait en mesure de générer d’importants frottements. Ces derniers peuvent être notamment mesurés au niveau de l’emploi américain. Un taux de chômage inférieur à 4.7% (NAIRU) serait un signe inflationniste susceptible de déclencher une action bien plus agressive de la part de la FED, à la grande surprise des marchés de taux, de devises et d’actions.
En synthèse, nous maintenons une stratégie  défensive, avec une couverture sur les pays périphériques pour couvrir un écartement des spreads de taux.  Les seules performances obligataires positives en 2017 sont à trouver sur le « High Yield ». Pour qu’elles se confirment et augmentent, il faudrait assister à de nouvelles baisses de taux côtés govies, alors que ces derniers continuent d’être sur des niveaux hautement spéculatifs.  La partie du fonds investie en monétaire (5.5%) / taux flottants (12.7%) / indexées inflation  (14.7%) s’inscrit à 33% de l’actif net. La sensibilité au risque de taux reste faible (-1.65).
La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de -0.08% contre +0.57% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 37.4 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 progresse de 0.16% alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) exprimés en euros gagnent respectivement 1.57% et 1.77%. Le fonds profite partiellement de la bonne performance des marchés actions. En effet, si le FCP Schroder Euro Equity (+1.4%) et Finaltis Efficient Beta (+1.7%) enregistrent tous deux une bonne semaine, nos couvertures sur l’Eurostoxx 50 freinent la progression du portefeuille. Du côté obligataire, notre prudence s’exprime de nouveau. Les couvertures misent en place sur les taux souverains viennent compenser les mouvements des fonds et titres en directs. Côté performance absolue et diversifiés, le FCP H2O Allegro (+3.3%) bénéficie de la vigueur du dollar et de la surperformance des actions européennes tout comme le FCP Karakoram Momentum (+1.3%). L’exposition globale du portefeuille aux marchés actions reste inchangée à 39%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de +2.15%. Les encours sont de 34 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au jeudi 30 mars. Sur la semaine, la performance est de +0.36% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis progresse de 0.97% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) de 1.41%. Nos positions sur les fonds Echiquier Value, Mandarine Global Micro-Caps et Fidelity Asia sont les principales contributions positives à  la valeur liquidative. Nos couvertures sur les marchés à terme et le dollar sont les principales contributions négatives à la valeur liquidative. L’exposition aux marchés d’actions s’inscrit à 68%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de +2.25%. Les encours sont de 15.2 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex progresse de 1.06% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros progresse de 1.57%. Cette semaine, les marchés d’actions ont été orientés à la hausse en Europe et aux États-Unis alors qu’ils reculent au Japon. Altiflex est un peu pénalisé par sa faible exposition dans un contexte de marché haussier et par sa vision contrariante puisque les couvertures via des contrats futures sur le MSCI North America contribuent négativement à la performance. Les titres et les fonds détenus en portefeuilles contribuent, quant à eux, positivement à la performance. On notera tout de même la bonne performance du titre MGM Mirage puisque le groupe hôtelier s’adjuge 6.57% sur la période. Nous avons, cette semaine, pris nos bénéfices sur les titres Toronto Dominion Bank, National Bank of Canada et Chubb Ltd. L’exposition du portefeuille reste stable à 70.2%
La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à +3.54% contre +2.42% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.8 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima est en hausse de 0.89% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis progresse de 1.77%. La bonne tenue des marchés européens s’explique notamment par le rebond du pétrole qui progresse d’un peu plus de 5% sur la période et par les bonnes statistiques économiques en Europe. Dans ce contexte, Maxima est un peu pénalisé par sa faible exposition. Du côté des actions on notera la belle performance de l’équipementier automobile Valéo qui progresse de 4.07% et la bonne tenue des financières avec les titres Axa et Allianz qui progressent de 3% et 2.42% respectivement sur la période. Du côté des fonds, les petites valeurs représentées par le fonds Amilton SmallCaps et les approches Values de l’Échiquier et de Mandarine sont, tout en restant sur des performances positives, moins porteuses que l’année passée. Nous n’avons pas réalisé d’opération cette semaine et conservons donc une exposition prudente autour de 73%.
La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit à +3.46% contre +6.82% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 10 mln d’euros.

 
N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.