Pari gagné pour la FED !

A l’heure où la BCE paraît encore trop exposée au risque politique pour tenter de sortir de sa politique monétaire ultra-accommodante, un retour progressif à la normale se dessine outre-Atlantique.  Malgré les critiques et les tentatives de déstabilisation de Donald Trump, Janet Yellen suit sa feuille de route d’une main de fer. Lors d’un discours prononcé devant l’Executives’Club of Chicago, une association patronale, la présidente de la Fed s’est montrée relativement offensive dans ses intentions de resserrement monétaire. Non seulement, elle a ouvert la voie à un nouveau relèvement des taux directeurs américains au moment de la prochaine réunion du FOMC, le comité de politique monétaire, les 14 et 15 mars prochain mais elle a également évoqué la possibilité d’autres hausses tout au long de l’année si cela s’avérait nécessaire.

Ainsi, contrairement à ce qu’anticipaient ses détracteurs et une majorité des observateurs encore récemment, la banque centrale américaine ne devrait finalement pas attendre le mois de juin pour agir et entretient un peu plus chaque jour un sentiment de devoir accompli. Force est d’admettre que La Fed a plutôt bien géré la transition entre l’époque de l’argent facile post crise et le retour progressif à un cycle économique normal caractérisé par une dynamique de relance budgétaire telle qu’elle est prévue dans le programme de Donald Trump. D’abord en resserrant, avec succès, les vannes de liquidités via une politique de tapering (réduction des programmes de rachats d’actifs), puis en procédant à des relèvements de taux. La Réserve Fédérale Américaine a beau avoir souvent, tout comme ses pairs grands argentiers de la planète, été taxé d’apprenti sorcier par de nombreux observateurs, les mesures non conventionnelles d’assouplissement quantitatif, les fameux QE semblent avoir porté leurs fruits. C’est plutôt une bonne nouvelle pour la BCE qui s’est engagée sur la même voie…

Reste maintenant à savoir à quel rythme se poursuivra ce mouvement de normalisation. Selon Janet Yellen, l’objectif est à un retour des taux d’intérêts réels à 0% alors qu’ils ressortent négatifs à hauteur de 1,25% aujourd’hui. Dès lors, si l’inflation se stabilise autour de 2% aux États-Unis, il paraît très probable de voir la Fed accélérer sa politique de resserrement monétaire d’ici à 2018. Cette perspective de remontée soutenue des taux américains entre 2017 et 2018 constitue un risque non négligeable pour le marché obligataire. C’est dans ce contexte, que nous conservons les stratégies de couverture sur les taux que nous avons mis en place il y a déjà quelques mois sur l’ensemble de nos investissements obligataires.

 

David KALFON, CFA
Achevé de rédiger le 10 mars 2017