Point Hebdo : Après la BCE, place à la FED

La semaine passée a été une nouvelle fois marquée par les décisions monétaires et notamment par celle de la BCE, de laisser inchangée sa politique monétaire. L’institution dirigée par Mario Draghi a confirmé qu’elle ne relèverait pas ses taux directeurs mais a tout de même noté une amélioration de la situation économique en zone euro. A l’inverse, la FED devrait, elle, annoncer un relèvement de 25bp ses taux directeurs mercredi, soutenue par une amélioration du contexte économique et la conviction que la politique budgétaire soutiendra la croissance américaine. Du côté des principaux indices, le S&P500 et l’EuroStoxx50 progressent de 0.4%. Au niveau des taux souverains, les rendements à 10 ans de la France sont en hausse de 17 points de base sur la semaine. Du côté des matières premières, les cours de l’or noir enregistre un repli de près de 10% avec un WTI à 48.5$ en fin de semaine.

La réunion de la BCE de jeudi dernier a en effet débouché sur un statu quo, les taux sont maintenus à leurs niveaux actuels et le programme d’achat d’actifs sera comme prévu abaissé de 80Mds€ à 60Mds€ à compter du 1er avril 2017. L’enjeu principal pour l’institution demeure la dynamique d’inflation dont l’objectif a été révisé à la hausse de +1.3% à +1.7%. Si un taux d’inflation de 2% a été enregistré, le taux d’inflation « cœur » reste lui autour de 0.9% du fait d’une absence de réelle reprise du marché de l’emploi. S’il est trop tôt pour que la BCE envisage sérieusement un resserrement de la politique monétaire, le discours plus optimiste de l’institution a entrainé des prises de profits sur les taux souverains (10 ans allemand : +13 points de base à 0.49%). Sur les actions, ceci s’est traduit par un net rebond du secteur financier (+2.7%).

De l’autre côté de l’Atlantique, les nouvelles sont plutôt rassurantes avec de bons indicateurs économiques, les créations d’emploi en février sont ressorties à +235k contre +200k attendues, les salaires ont progressé de +2.8% sur un an confirmant ainsi le dynamisme du marché de l’emploi américain. Dans ce contexte, la FED devrait poursuivre son resserrement monétaire puisqu’une hausse de 25bp de ses taux directeurs est attendue mercredi, suivie d’au moins deux hausses supplémentaires au cours de l’année. Donald Trump doit proposer son premier budget au congrès jeudi et devrait présenter un agenda de mesures visant à baisser les impôts et relancer un programme d’infrastructures. Des mesures qui soutiendront la croissance même si les négociations avec le Congrès risquent d’être longues et difficiles. Côté matières premières, on note un fort recul du baril du WTI à 48.50. Les stocks de brut ont augmenté de 8M de barils pour atteindre 528M, les pays de l’OPEP s’inquiètent notamment de la remontée du nombre de stations de forage aux États-Unis qui risque d’accroître les stocks et donc de peser sur les cours. L’Arabie Saoudite a par ailleurs annoncé qu’elle ferait tout pour empêcher les entreprises américaines de profiter de la baisse des quotas de l’OPEP pour reprendre des parts de marchés. Du côté des devises, on note un rebond de l’euro face au dollar  (+0.8%) notamment grâce à l’intégration dans les cours d’une normalisation progressive de la politique monétaire de la BCE ainsi qu’ à une meilleure visibilité sur les élections françaises avec la progression du candidat centriste E. Macron.

En Chine, Zhou Xiaochuan le gouverneur de la banque centrale a admis que le pays avait un problème de dette. La dette totale, qui était de 254% du PIB fin 2016 atteint déjà 277% du PIB fin février. Pour le gouvernement, la double tâche de maintenir un PIB élevé tout en contrôlant la progression de la dette est une mission cruciale. Si le pays devraient alterner entre soutient à la croissance et mesures visant à réduire l’endettement, cette stratégie pourrait accroitre la nervosité des investisseurs. Dans ce contexte, nous maintenons une stratégie prudente d’autant que les récents évènements, concernant la venue du ministre des Affaires étrangères turc aux Pays-Bas, ont ranimé le spectre de nouvelles tensions géopolitiques en Europe.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au jeudi 9 mars en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en légère baisse de 0.06%. Cette semaine, la stratégie d’Alpha Portable est ralentie par la sous performance des fonds investis en actions européennes à l’image du FCP Theam Quant Equity Europe Guru (-1.00%). De l’autre côté, la stratégie de Portage Obligataire contribue également négativement à la performance à cause notamment de la mauvaise tenue des financières à l’image des titres Crédit Agricole SA 7.875 2049 et Groupama SA 6.375% 2049. Par ailleurs, les couvertures du risque de duration contribuent positivement à la performance. La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de +1.26% alors que son objectif de gestion, l’EONIA+1% est stable à +0.13% sur la même période. Les encours sont de 15 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance du FCP Taux Réels Européens est de +0.22%. La semaine écoulée a confirmé la bonne santé économique des grands pays. Un marché de l’emploi dynamique aux États-Unis, une demande domestique bien orientée en Europe, notamment en Allemagne et des dépenses d’investissements en hausse pour les sociétés japonaises soutiennent la conjoncture. En instantané, la croissance doit être proche de 2% aux États-Unis comme en Europe et de 1% au Japon.  Alors que l’inflation s’inscrit sur ses plus hauts récents (USA : 2.5% , Euro-zone : 2%, Japon : 0.4%), les banquiers centraux font eux aussi évoluer leur discours.
La Fed devrait relever ses taux de 0.25% pour les porter à 1% ce mercredi. La BCE semble légèrement moins inquiète quant à la situation économique européenne, la « balance des risques » lui paraissant mieux « équilibrée ». La BOJ s’exprimera cette semaine. Dans ce contexte, les taux d’intérêts se sont tendus de 0.05% à 0.20% selon les pays et les maturités. Les stocks de pétrole ayant nettement augmenté récemment, les prix du brut ont fortement baissé cette semaine (-9%). Alors que les actifs « risqués » avaient très bien performé depuis le début de l’année, la baisse pourrait être de nature à modifier cette tendance, d’autant que les risques politiques restent présents. Les élections hollandaises se feront sur fond de dispute avec la Turquie, un facteur de soutien pour Geert Wilders. Par ailleurs, le gouvernement britannique devrait déclencher le processus de sortie de l’UE au cours des jours qui viennent. Enfin, un fond d’inquiétude reste présent concernant la situation politique en France et en Italie. En synthèse, après une semaine de hausse des rendements assez généralisée, le risque porte peut-être aujourd’hui davantage sur les spreads de taux que sur une remontée des taux core. Dans ce contexte, nous maintenons une stratégie  défensive, avec une couverture sur les pays périphériques pour couvrir un écartement des spreads de taux.  La partie du fonds investie en monétaire (3%) / taux flottants (10.7%) / indexées inflation  (13.2%) s’inscrit à 27% de l’actif net. La sensibilité au risque de taux reste faible (-1.45). La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de +0.28% contre +0.41% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 37.6 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 est en légère baisse de 0.11% alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) reculent de 1.02% et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) exprimés en euros progresse de 0.39%. Sur la période, les fonds investis en actions européennes sont en léger repli à l’image des FCP Mandarine Valeurs (-1.14%) et Memnon Fund European (-0.40%). Par ailleurs, les fonds de performance absolue contribuent négativement à la performance à l’image des FCP H20 Allegro (-1.2%). Nos couvertures optionnelles sur l’EuroStoxx50 nous coutent quelques points de performances compensés par nos couvertures sur les taux allemands. Au cours de la semaine nous avons pris des bénéfices parties sur notre exposition dollar, ce qui diminue celle-ci de près de 4%. L’exposition du portefeuille aux marchés actions est en légère hausse à 48%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de +1.91%. Les encours sont de 34 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au jeudi 9 mars. Sur la semaine, la performance est de -0.19% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis progresse de  0.76% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) baissent  de 1.18%. Nos positions sur les fonds Stock Picking France et Helium Sélection sont les principales contributions positives à  la valeur liquidative. Nos positions sur les fonds EDR Value US & Yield et Mandarine Global Micro Caps sont les principales contributions négatives à la valeur liquidative. L’exposition aux marchés d’actions s’inscrit à 69%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de 1.65%. Les encours sont de 15.1 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex recule de 0,44% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros est en baisse de 1.02%. Les marchés actions qui depuis plusieurs mois bénéficient à la fois de l’amélioration des perspectives économiques et de politiques monétaires accommodantes semblent légèrement plafonner. Il s’agit d’une configuration de marché relativement plus favorable pour Altiflex dont la politique d’investissement, plutôt prudente a permis d’amortir significativement le recul des indices. Les valeurs financières avec quelques technologiques américaines ont largement compensé le repli des valeurs liées aux matières premières sous pression cette semaine. Les fonds aussi résistent bien malgré la sous performance des marchés émergents. Et bien sûr, notre sous exposition contribue positivement au résultat.
Nous n’avons pas réalisé d’opération en portefeuille cette semaine, par conséquent l’exposition marque toujours une certaine prudence avec un niveau très proche de 70%
La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à +2.93% contre +2.30% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.9 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima est en hausse de 0.09% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis progresse de 0.39%. Si la semaine avait démarré sur des prises de profits consécutivement aux fortes hausses des semaines passées, le discours de M. Draghi a redonné de l’appétit aux investisseurs en indiquant que les taux devraient rester bas encore quelques temps et ce, malgré un ton un peu moins accommodant. Les banques ont été très sensibles à ce changement de tonalité et celles détenues en portefeuille (Erste bank, KBC et Intesa) progressent toutes de plus de 4% sur la semaine. Par ailleurs, on notera la belle progression de l’allemand Wirecard qui poursuit son développement à l’international dans le segment des services de paiement sur internet. Maxima reste un peu en retrait du marché en raison de l’impact négatif de sa sous exposition mais aussi en raison du fait qu’un certain nombre des fonds détenus en portefeuille ne profitent pas de la hausse de vendredi. Nous n’avons pas réalisé d’opération en portefeuille cette semaine et nous continuons à penser que les marchés sont particulièrement enthousiastes et ne prennent pas suffisamment en compte les risques politiques en Europe comme aux États-Unis. Nous restons donc prudents avec un niveau d’exposition très proche de 75%.
La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit à +2.04% contre +4.07% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 9.9 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.