Point Hebdo : Entre croissance économique et risque politique

La préférence des investisseurs pour les actifs internationaux au détriment des actifs européens est toujours d’actualité. Preuve en est l’écart de performance entre l’indice MSCI Monde et les actions européennes, qui s’établit à plus de 8% sur les douze derniers mois. L’avenir incertain de la zone euro et du Royaume-Uni explique la défiance des investisseurs internationaux pour les actifs européens même si le travail de la BCE contribue à l’amélioration économique de la zone. Au regard des minutes de la dernière réunion de l’institution européenne, la divergence de politique monétaire entre la zone euro et les États-Unis risque de s’accentuer. La bonne santé de l’économie américaine se répercute progressivement sur les salaires et les indices de prix rendant l’objectif de la banque centrale atteignable rapidement. En zone euro, à l’inverse, l’inflation est encore très loin d’être dans une spirale positive. Dans ce contexte, la BCE est contrainte de poursuivre son programme d’achats d’actifs, quitte à s’éloigner temporairement des règles de mise en œuvre (la clé de répartition entre les pays). Par sa présence, elle limite le risque d’écartement des taux souverains entre les pays malgré le risque politique généré par les élections. Au Royaume-Uni, la publication de ventes au détail décevantes suggère un ralentissement de l’activité qui pourrait se confirmer dans les prochains mois.

Au cours de la semaine, les actions américaines gagnent 1.5%, les actions européennes sont en hausse de 1.2% alors que les actions japonaises sont inchangées. Du côté obligataire, la mention de la possibilité de dévier temporairement de la clé de répartition dans son programme d’achat par la BCE a participé à la réduction des primes de risque des emprunts d’états des pays sous tension comme la France, l’Italie et l’Espagne. Les niveaux de spreads de ces pays par rapport à l’Allemagne restent toutefois à des niveaux élevés (France à +65 pb, Italie à +180 pb et Espagne à +130 pb), traduisant les inquiétudes des investisseurs étrangers sur la stabilité politique et financière de la zone euro.

Au Royaume-Uni, malgré une inflation en légère accélération (+1.8% sur un an glissant) et des créations d’emplois dynamiques (+37 000 en janvier contre -9 000 en décembre), les salaires hebdomadaires (+2.6% en décembre) affichent une dynamique un peu plus faible que le mois précédent (+2.8%). Ceci tend à confirmer le constat de la Banque d’Angleterre lors de sa dernière réunion monétaire quant à l’existence de capacités à absorber sur le marché du travail plus importantes que prévu malgré un taux de chômage faible à 4.8%. Par ailleurs, la publication vendredi de ventes au détail du mois de janvier en baisse de 0.3% contre une hausse mensuelle de 0.9% attendue relance les craintes sur la capacité de résistance de l’économie britannique aux conséquences du brexit.

Aux États-Unis, si les récentes déclarations de D. Trump sur le choc fiscal et la déréglementation ont porté les marchés boursiers américains lors des dernières séances, ces deux lois, toujours incertaines dans leurs modalités, ne seront mises en application que dans les mois à venir. Paul Ryan a d’ores et déjà repoussé au 2ème semestre 2017 la validation de la réforme fiscale. Le discours de « politique générale » qui se tiendra le 27 février pourrait toutefois offrir davantage de visibilité.

Malgré la hausse des marchés actions de ces derniers mois, en Europe la valorisation élevée de la thématique croissance par rapport à la thématique « Value » marque la prudence des investisseurs. A ce titre, en cas d’amélioration de la situation politique et économique en Europe, cette thématique pourrait bénéficier d’un nouveau rattrapage. A l’inverse en cas de détérioration de l’environnement et du fait de leur exposition à l’économie domestique, le segment des petites et moyennes entreprises françaises pourraient être particulièrement impactées par une accentuation des craintes de sortie de la zone euro de notre pays.

Voici un point sur la gestion de nos fonds :

Optimum

Les performances sont arrêtées au jeudi 9 février en raison du calcul de VL à J+2 nécessaire pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents. Sur la période, la valeur liquidative est en baisse de 0.23%. Cette semaine, c’est la stratégie d’Alpha Portable qui pèse sur l’évolution de la VL avec notamment la sous-performance du FCP Schroder International Euro Equity. De l’autre côté, la stratégie de Portage Obligataire, bien que stable, subit une nouvelle fois la mauvaise performance des financières à l’image des titres Crédit Agricole SA 7,875% 2049 (-1.15%) et Groupama SA 6.375% 2049 (-0.93%). La performance du FCP Optimum depuis le début de l’année est de +0.93% alors que celle de son objectif de gestion, l’EONIA+1% est de +0.08% sur la même période. Les encours sont de 14.8 mln d’euros.

Taux Réels Européens

Sur la semaine, la performance du FCP Taux Réels Européens est de -0.10%. La semaine écoulée a été caractérisée par la montée de l’incertitude politique à l’approche des élections en Hollande et en France. L’Allemagne surperforme et les taux à deux ans reviennent sur leur plus bas historique (-0.81%). Devant cette situation, la BCE indique qu’elle serait prête à modifier les clés de répartition des capitaux qu’elle investit en faveur des pays les plus fragiles. Cette déclaration permet une stabilisation des spreads de taux, qui restent sur des niveaux relativement élevés (France Allemagne 10 ans à 0.70%, Italie Allemagne à 10 ans à 1.80%). Les fondamentaux européens restent pourtant alimentés par des vents favorables. La croissance est proche de son potentiel, les taux réels au plus bas, les prix de l’énergie restent contenus, et l’euro reste plutôt faible, notamment face au dollar. Dans ce contexte, les niveaux atteints sur les taux allemands indiquent un niveau d’inquiétude majeur. Alors que les négociations sur la dette grecque semblent indiquer que le problème va à nouveau être repoussé de 6 à 9 mois, que les derniers sondages concernant les élections françaises décrédibilisent plutôt les partis extrêmes au profit des partis traditionnels, et que Matteo Renzi semble reprendre le contrôle du Parti Démocrate italien, il paraît justifié de réduire nos couvertures sur la France et sur l’Italie. Dans le même temps la sensibilité sur les taux courts allemands sera réduite. Alors que le cycle reflationniste semble toujours d’actualité et constatant des taux réels et nominaux extrêmement bas, nous maintenons une stratégie toujours défensive. La partie du fonds investie en monétaire (5.3%) / taux flottants (10.7%) / indexées inflation courtes (11.8%) s’inscrit à 27.8% de l’actif net. La sensibilité au risque de taux reste faible (-1.85). La position à la pentification des courbes de taux est maintenue. Les taux courts paraissent à court terme plus vulnérables à une phase de tension. La performance du FCP Taux Réels Européens depuis le début de l’année est de +0.43% contre +0.28% pour son indice de référence. Les encours s’inscrivent à 37.5 mln d’euros.

Amaïka 60

Sur la semaine, la VL du FCP Amaïka 60 est en hausse de 0.52% alors que sur la même période les actions internationales (dividendes réinvestis) et l’Eurostoxx50 (dividendes réinvestis) exprimés en euros progressent de 1.21% et 1.16% respectivement. Sur la période, les fonds actions contribuent positivement à la performance, à l’image des FCP Mandarine Valeur (+2.33%) et Amilton Small Caps (+2.21%). Par ailleurs, les fonds de performance absolue contribuent négativement à la performance à l’image du FCP H20 Allegro (-1.03%). Notre exposition au marché américain via des contrats futures sur le S&P 500 nous rapporte quelques points de performances. Au cours de la semaine nous n’avons pas réalisé d’opération significative. L’exposition du portefeuille aux marchés actions est en légère baisse à 56%. La performance depuis le début de l’année du FCP Amaïka 60 est de +1.55%. Les encours sont de 34 mln d’euros.

Résilience

La VL est calculée en J+2 (comme Optimum) pour éviter le décalage entre la valorisation des futures et celle des OPCVM sous-jacents et les performances sont arrêtées au jeudi 16 février. Sur la semaine, la performance est de +0.69% alors que dans le même temps, l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis progresse de 1.01% et les actions internationales exprimées en Euros (dividendes réinvestis) de 1.61%. Nos positions sur les fonds Stock Picking France, EDR Fund US Value & Yield et Echiquier Value  sont les principales contributions positives à  la valeur liquidative. Notre position sur le fonds Exane Overdrive est la principale contribution négative à la valeur liquidative. L’exposition aux marchés d’actions s’inscrit à 63%. La performance depuis le début de l’année du FCP Résilience est de +1.60%. Les encours sont de 15.5 mln d’euros.

Altiflex

Sur la semaine, Altiflex progresse de 0,06% alors que dans le même temps, le marché des actions internationales (dividendes réinvestis) exprimé en Euros grimpe de 1.21%. Avec des statistiques économiques qui continuent de laisser présager d’une accélération de la croissance américaine et la perspective d’un assouplissement de la régulation bancaire, les marchés ont progressé significativement au cours de la semaine et le dollar est resté très ferme. La performance d’Altiflex a été pénalisée par une trop grande prudence vis-à-vis de l’évolution des marchés, tant par sa sous exposition  que par la sous performance de quelques valeurs défensives. Quelques déceptions au niveau des publications de résultats ont aussi impacté la performance. On note par ailleurs une très forte dispersion sur les valeurs liées aux matières premières avec par exemple, Teck Resources qui perd près de 15% sur la semaine et BHP Billiton qui gagne 7%. Dans ce secteur nous avons d’ailleurs procédé à un nouvel arbitrage en vendant la papetière Mondi pour acheter la minière Anglo-American, les deux sur le marché anglais. L’exposition qui reste autour de 70% marque toujours une certaine prudence par rapport aux progressions récentes. La performance depuis le début de l’année du FCP Altiflex s’établit à +2.32% contre +2.1% pour son indice de référence (50% MSCI Monde dividendes réinvestis/50% EONIA Capitalisé). Les encours sont de 10.8 mln d’euros.

Maxima

Sur la semaine, la valeur liquidative du FCP Maxima est en hausse de 0.54% alors que dans le même temps, l’indice EuroStoxx50 dividendes réinvestis gagne 1,16%. Les marchés européens avaient commencé la semaine en hausse, sur fonds d’optimisme suite aux publications de bons indicateurs économiques la semaine passée et aux anticipations de baisses d’impôts de la part de l’administration Trump. Cependant, en fin de semaine, les craintes d’instabilité politique et de montée du populisme ont refait surface, entrainant les marchés à la baisse. Dans cet environnement, Maxima voit sa progression freinée par quelques valeurs défensives qui n’ont pas profité de l’engouement du début de semaine.  On notera néanmoins la très bonne tenue des fonds détenus en portefeuille puisqu’ils progressent tous de plus de 2% dans un contexte où ce sont les petites valeurs de croissance qui ont été privilégiées. Aucune opération en portefeuille cette semaine, l’exposition marque donc toujours une certaine prudence sur les marchés en se situant autour de 75%. La performance depuis le début de l’année du FCP Maxima s’établit à +1.19% contre +0.78% pour l’Eurostoxx50 dividendes réinvestis. Les encours sont de 9.7 mln d’euros.

N.B : Les performances et réalisations du passé ne constituent en rien une garantie pour des performances actuelles ou à venir. Elles ne sont pas stables dans le temps.